Malaisie : Le Semenggoh Wildlife Centre

 

Mon moment le plus magique de mon dernier séjour en Malaisie fut ma rencontre avec les orangs-outans, au Semenggoh Wildlife Centre, un centre de réhabilitation pour ces animaux.

Les orangs-outans

Le mot orang-outang vient du Malais orang = homme, et hutan = forêt, soit littéralement l’homme de la forêt. Et il faut reconnaître que cet animal porte bien leur nom, puisqu’il s’agit du plus gros animal arboricole au monde. Il mange, dort et se reproduit dans la canopée des forêts de Sumatra et Bornéo.

Malheureusement, leur survie est aujourd’hui grandement menacée, à cause de la déforestation et donc la disparition de leur habitat naturel, ainsi que le braconnage, afin d’alimenter le marché de la viande sauvage et des animaux de compagnie. On estime qu’il ne reste aujourd’hui plus que 20 000 à 50 000 orangs-outans dans la nature.

Pour ne pas aider les choses, les orangs-outans sont aussi l’un des mammifères les plus lents à se reproduire. Les femelles atteignent leur maturité sexuelle vers 10-15 ans, la période de gestation dure 8-9 mois, ne donnent naissance qu’à un bébé à la fois (ou parfois des jumeaux), avec une période de 6-8 ans entre chaque naissance, le tout pour une durée de vie de plus de 45 ans (bien que la durée de vie d’un orang-outan sauvage ne soit pas bien connue, bien qu’à priori plus longue qu’un orang-outan en captivité). Les bébés restent dépendant de leur mère pendant environ 5 ans.

L’orang-outan se nourrit principalement de fruits, mais peut aussi manger toutes sortes de plantes ainsi que des œufs, des termites, des araignées, des fourmis, des chenilles, des champignons et du miel.

Toutes les nuits, il construit un nouveau nid à une hauteur de 12-18m, à moins qu’il ne manque de matière première, ou dispose d’une bonne source de nourriture non loin. Dans ces cas-là, il arrive qu’il utilise le même nid plusieurs nuits de suite.

L’orang-outan est un animal plutôt solitaire, qui ne rejoint d’autres membres de son espèce que pour se reproduire. Il arrive cependant qu’il se regroupe avec d’autres adultes pour de courtes périodes.

 

Le Semenggoh Wildlife Centre

Le Semenggoh Wildlife Centre fût établi en 1975 dans la réserve naturelle de Semenggoh. Il a pour objectif de :

  • réhabilité les animaux sauvages blessés, orphelins, ou handicapés par une captivité prolongée, avec pour but final de les relâcher dans la nature.
  • conduire des recherches sur la faunes sauvages et des programmes de reproduction pour les espèces menacées.
  • éduquer les visiteurs et le public de l’importance des programmes de conservation.

Le centre de Semenggoh s’est occupé et a réhabilité avec succès plus de 1000 animaux depuis sa création, dont de nombreux orangs-outans. Ce succès a fait que le centre de Semenggoh est devenu un centre d’étude des orangs-outans ainsi qu’un havre pour les orangs-outans réhabilités.

D’un certain côté, le centre a connu une trop grande réussite, et la forêt ne peut subvenir aux besoins d’une telle densité de population d’orangs-outans (en moyenne, la foret peut supporter une population d’un à sept orangs-outans par km2, en fonction de ses ressources). Du coup, le centre dépose deux fois par jours de la nourriture pour les orangs-outans, afin de suppléer aux ressources de la forêt environnante. De plus, les activités de réhabilitation on été transférées au Matang Wildlife Centre, dans le parc national de Kubah. C’est lors de l’une de ces heures de repas que j’ai pu observer ces grands singes.

Le processus de réhabilitation

Admission

Lors de leur admission, le centre fait des papiers pour chaque singe, et notent différentes informations telles que leur taille, poids, longueurs des bras et jambes, histoire et condition physique. Cela permet de suivre leur évolution au cours de leur séjour dans le centre.

Quarantaine

A leur arrivée, les nouveaux animaux sont mis en quarantaine pendant 90 à 100 jours. Durant cette période, ils sont isolés des autres animaux et ont droit à un examen médical complet. Leur comportement et habitudes alimentaires sont suivis quotidiennement. En effet, ce sont souvent des animaux malades ou maltraités qui arrivent au centre, et cette étape est essentiel afin de partir sur de bonnes bases.

Étape 1 : la crèche / maternelle

L’âge est la condition physique sont déterminants afin de décider dans quelle catégorie de formation envoyer le singe.

Dans la crèche (ou pépinière), les singes sont :

  • nourris (au biberon si nécessaire).
  • soignés
  • nettoyés
  • occupés par des jeux

Dans la maternelle, les singes se familiarisent avec les activités de grimpe, à l’aide de cordes et hamacs.

Les orangs-outans sont nourris deux fois par jour.

Étape 2 : le primaire

Une fois que les orangs-outans ont appris à grimpés, ils sont alors prêts pour l’école primaire. A cette étapes, ils seront relâchés tous les jours dans la forêt avoisinante, afin de leur permettre de l’explorer. Ils seront aussi peu à peu introduit à la nourriture de la jungle, et apprendront à construire leurs propres nids. A cette étape, ils sont encore nourris deux fois par jours, et leur activité seront suivis et notées.

Étape 3 : le secondaire

Les singes passeront des nuits dans la forêt. Ils devront construire leur propres nids et y dormir, et développer leurs techniques de survie dans la jungle. Le centre commence à les nourrir de manière irrégulière, afin de les pousser à aller chercher eux-même de quoi se sustenter. Ils sont bien sûr encore sous surveillance rapprochée.

Étape 4 : la mise en liberté

A cette étape, les orangs-outans sont évalués sur leur habileté, condition physique et comportement. S’ils passent les tests, ils seront alors relâchés dans la nature. Ils devront alors se débrouiller par eux-même, mais pourront tout de même recevoir de temps en temps de la nourriture d’appoint, pour les raisons mentionnées ci-dessus.

Surveillance

Les orangs-outans relâchés dans la nature sont surveillés de près, afin d’être sur qu’ils soient capable de faire face à leur environnement.  La plupart des orangs-outans deviennent indépendants, bien qu’ils puissent revenir de temps en temps au centre, lorsque la nourriture se fait rare.

J’ai été extrêmement impressionnée par cette visite. De voir ces grands singes, c’était magnifique. Ils ont beau être immenses, ils font preuve d’une grâce fantastique lorsqu’ils se déplacent dans les arbres.

J’ai pu aussi apprendre énormément de choses à leur sujet, et après cette visite, on ne peut que se passionner pour leur cause. Je suis admirative du travail effectuée par toutes ces personnes passionnées qui s’occupent de ces animaux.

Et là bas, je n’ai pas seulement croisé la route des orangs-outans, mais aussi de ça :

Bien que le centre ne soit qu’en bordure de la jungle, il s’y trouve tout de même, et les singes ne sont pas les seuls animaux à être démesurés !

Le moment est maintenant venu de jeter un dernier coup d’œil à la jungle, l’environnement de ces majestueux animaux.

5 thoughts on “Malaisie : Le Semenggoh Wildlife Centre

  1. J’adore ces singes, je les trouve incroyablement expressifs. Quelle chance d’avoir pu les voir hors du cadre d’un zoo! Le travail du centre que tu décris semble vraiment intéressant et constructif.

    • Je vais me répétée, mais je suis ressortie de là les yeux pleins d’étoiles et émerveillée par cette rencontre et le travail effectué là-bas.

  2. C’est tellement dommage que l’homme détruise de si belles créatures … Prendre conscience du dépeuplement et de la gravité des choses semblent difficiles, mais pas impossible!

    • Je suis tout à fait d’accord, c’est tellement dommage que notre style de vie amène à de telles destructions.
      Cependant, je suis ravie de voir que le travail de ce genre d’endroits porte vraiment ses fruits.

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