Tianjin, by day

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Après la visite nocturne, c’est cette fois de jour que je vais faire un petit tour en ville.

La journée commence par la visite du mémorial du tremblement de terre de Tangshan. Le séisme eu lieu le 28 juillet 1976 à 3:52 du matin. L’épicentre était situé juste à coté de Tangshan, une grande ville industrielle non loin de Tianjin, avec plus d’un million d’habitant, et sa force est estimée à environ 8 sur l’échelle de Richter. Ajoutez une population dense et nombreuse, en train de dormir, mal préparée au séismes de ce genre, des constructions de mauvaises qualité, et vous obtenez l’un des séismes les plus meurtriers du XXe siècle. Les estimations officielles portent le nombre de victimes à 240 000 – 255 000. Mais officieusement, il se dit qu’il pourrait jusqu’à 3 fois plus nombreux, soit environs 650 000 morts. Et c’est sans compter les blesser et tous les dégâts que ça a causé. La ville de Tangshan fût quant à elle presque entièrement rasée. C’est un séisme qui a traumatisé la Chine, et aujourd’hui encore, ma mère, qui habitait alors à Pékin, m’en parle régulièrement.

Je continue mon chemin jusqu’à la cathédrale Saint Joseph. Elle fût construite par les français en 1917, et est la plus grande de Tianjin.

Puis je me décide de me diriger vers la vieille ville chinoise et notamment sa rue de la culture classique. Comme dans bon nombre de ces vieilles rues restaurées, les rues sont remplies d’étals proposant des souvenirs en tout genre, les mêmes que partout ailleurs en Chine. Par contre, je me régale de toute la nourriture de rue, et surtout de leurs baozi.

Dans le quartier se trouve aussi le temple de Tianhou, dédié à la déesse des marins. C’est un chouette petit temple, très coloré, et plein d’ambiance.

Je fini par arriver au bout de cette rue de la culture classique, et me retrouve de nouveau au bord du fleuve. De l’autre côté de celui-ci, le décors et bien différent, et nous retrouvons les grandes bâtisses occidentales. C’est cette fois le lieu de l’ancienne concession italienne.

Puis viens le temps de me diriger vers l’aéroport.

Je mentionnais un peu plus haut les baozis de Tianjin. En effet, l’un des plats les plus réputés de Tianjin est les Goubuli baozi (狗不理包子). Ce nom signifie littéralement « le chien ne s’occupe pas [de nous] ». La tradition raconte que le surnom du fondateur était Gou – chien. En effet, l’une des traditions chinoises était d’appeler les enfants par des surnoms dépréciateurs, afin que les mauvais esprits ne s’intéressent pas à eux. Ses baozi (des petits pains à la vapeur fourrés à toutes sortes de choses) sont considérés comme parmi les meilleurs, et son succès ne cessait de croître. La rumeur raconte que Yuan Shikai (à l’époque commandant dans l’armée des Qing – il devint plus tard président de la République populaire de Chine) rapporta de Tianjin des baozi de Gou à l’impératrice Cixi, et que celle-ci, pourtant difficile, les trouva délicieux. Tout cela contribua à la réputation de ces baozi, au point que le pauvre Gou, sur-occupé par toutes ses commandes, n’avait plus le temps de s’occuper de ses clients, d’où le « Goubuli ». Ce nom, marque de son succès, est resté.

Il se trouve aussi que les baozi de Goubuli font partie des plats préférés de ma mère, et il était impensable pour moi d’aller à Tianjin sans en ramener (elle m’en aurait voulu à vie). D’ailleurs, Goubuli, fin commerçant, a installé une boutique dans l’aéroport, avec des baozi prêts au transport (congelés ou sous vide), car je ne devais certainement pas être la seule à repartir de Tianjin avec ce petit souvenir. Par contre, peu de clients devaient ressortir de la boutique avec un plein carton, comme je l’ai fait. Il va sans dire que nous avons mangé des baozi pendant longtemps suite à cette petite escapade.

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2 thoughts on “Tianjin, by day

  1. What a pleasant surprise to come across your site from my expat-blog readings! On top of it all to see your visit to the city of my birth! What is most surprising is I have passed by that memorial thousands of times but never even knew what it was until now!
    Your writings are very lovely.
    PS my mum speaks of goubuli often and always to say how it is nothing like it was 50 years ago 🙂 as that generation says about many things no?

    • I’m glad you were able to learn something here!

      My mum also says that goubuli (and a lot of other things) are not as good as it used to be, but she still asks everyone who goes to Tianjin to bring back some to her.

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