Escale n°1 : Penang – Le jardin aux épices

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La troisième étape fût la visite du jardin aux épices. Si la région fût aussi convoitée à l’époque par les diverses puissances coloniales, c’était en grande partie pour ses épices, et principalement la noix de muscade et le clou de girofle pour Penang.

La visite du jardin fût l’occasion de se plonger dans cet aspect de l’histoire locale, grâce à un fantastique guide et botaniste qui nous expliqua de manière passionnante les vertus et propriétés des différentes épices, ainsi que les enjeux géo-politique et commerciaux liés à celles-ci.

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La noix de muscade (Myristica fragans)

Le nom noix de muscade vient du latin nux, qui veut dire noix, et muscus pour musk, en passant par l’ancien français nois muguede, et signifie littéralement « la noix qui sent le musk ».

Elle provient du muscadier, l’une des rares plantes à produire deux épices (la noix de muscade et le macis, aussi appelé fleur de muscade, cette dernière étant considérée comme plus raffinée que la noix).

Le muscadier est originaire des îles Banda, dans l’archipel des Moluques, en Indonésie, et c’est au début du XIXe siècles que les anglais commencèrent à en transplanter ailleurs dans la région, puis dans le monde, brisant ainsi le monopole de la compagnie des Indes Orientales sur cette épice.

Si l’usage alimentaire de la noix de muscade est bien connue, aromatisant de nombreux plats, cette épice a aussi beaucoup été utilisée pour ses propriétés médicinales, notamment pour traiter les congestions nasales ou soulager des rhumatismes,

Très peu cependant sont au courant des propriétés psychotropes de la noix de muscade. A forte dose, celle-ci peut induire de nombreux effets secondaires bien désagréables, ainsi que de fortes hallucinations, voir même être toxique. Il suffit d’une ou deux noix complètent pour cela. Attention donc lorsque vous assaisonnez vos plats !

Aujourd’hui encore, la noix de muscade est récoltée à Penang, en mars et septembre. Outre en épice pour assaisonner les plats, les locaux en font aussi des huiles et baumes, ainsi que des jus de fruit et sirop.

Noix de muscade

Le clou de girofle (Syzygium aromaticum)

Le clou de girofle est le bouton de fleur du giroflier, et est là encore originaire de l’archipel des Moluques en Indonésie. Mais étrangement, la cuisine de cette région n’a jamais vraiment fait la part belle à cette épice, contrairement aux cuisines chinoise, indienne, moyen-orientale ou africaine. Quant à l’Indonésie, ils utilisent surtout le clou de girofle dans leurs cigarettes.

Le clou de girofle est l’une des épices qui a fait part le plus tôt d’échanges commerciaux. On en trouve mention dès 200 BC dans le Ramayana. A peu près à la même époque, on raconte que lors de la dynastie Han, en Chine, les mandarins devaient en mâcher afin d’adoucir leur haleine à chaque fois qu’ils devaient s’adresser à l’empereur. Les Grecs et les Romains en connaissaient aussi les vertus culinaires et médicales. Cependant, certaines découvertes archéologiques font penser que le commerce de clou de girofle est potentiellement bien plus ancien que cela.

Si le clou de girofle parfume agréablement de nombreux plats, ses vertus antiseptiques et anesthésiques sont aussi bien connues, notamment pour soulager les douleurs dentaires. Ainsi, si vos dents commences à vous faire souffrir, n’hésitez pas à mâchouiller un clou de girofle pour soulager un peu la douleur en attendant le rendez-vous chez le dentiste.

Aujourd’hui, il ne reste malheureusement à Penang que très peu de plantations de girofliers, celles-ci n’ayant pas résisté aux invasions de nuisibles et faible rendement des récoltes.

Clou de girofle

2 thoughts on “Escale n°1 : Penang – Le jardin aux épices

  1. Très intéressant. Le petit historique sur les épices est très instructif. J’attends de pied ferme la suite du voyage.

    • Je trouve ce suejt fascinant. Il est impressionnant de voir comment quelques « plantes » ont façonnées un bout de notre histoire et cette partie du monde. Il y aurait bien plus a dire sur le commerce de ces épices, mais je crains que cela ne dépasse mes compétences, et qu’il faille bien plus qu’un article de blog pour cela.

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