Escale n°2 : L’école des singes

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Dans la nuit, nous seront passés sans heurts de la Malaisie à la Thaïlande. C’est donc dans ce dernier pays que ce fera la seconde escale, à Surat Thani pour être exact. Au programme cette fois-ci, la visite de l’école des singes.

La Thaïlande est un gros pays producteur de noix de coco. Mais qu’il est difficile d’aller les cueillir tout là-haut sur les cocotiers ! Ce sont donc traditionnellement des singes qui s’occupent de la cueillette. Malheureusement, ces singes étaient souvent maltraités par leurs propriétaires, notamment lorsqu’ils ne s’acquittaient pas de leur tâche proprement. Mr. Somporn Saekhow, fils de fermiers, a pu voir ceci aux premières loges. Fervent bouddhiste, le traitement des singes le choqua, et il décida d’apprendre aux singes à aller cueillir les noix de coco, afin que leurs propriétaires n’ait plus à les maltraiter pour cause de mauvais travail, et ceci avec une méthode positive, sans usage de force ni violence. Il ouvrit ainsi son école pour les singes en 1957. Peu à peu, ses résultats positifs rendirent son école de plus en plus connue, de plus en plus de fermiers lui confièrent leurs singes, et c’est devenu aujourd’hui la plus grande école de singes du sud de la Thaïlande. Son école devint même tellement reconnue que Somporn et son singe favori, Khai Nui, furent désignés pour porter le drapeau de la région lors de l’ouverture des jeux nationaux de Thaïlande en 1993.

C’est aujourd’hui sa fille, Somjai Saekhow, qui gère l’école, Somporn étant mort d’une crise cardiaque en 2002.

La première étape de l’éducation d’un singe est de l’habituer à la présence humaine. Le bon rapport entre le singe et l’éducateur se crée lorsque ce dernier s’occupe du singe, en prenant soin surtout de ne jamais le brusquer, le frapper ou lui faire de mal.

Une fois que le rapport entre l’homme et le singe est créé, ce dernier peut alors commencer à apprendre à cueillir des noix de coco. Pour cela, le singe doit d’abord apprendre à reconnaître et choisir les noix de coco, ainsi que les bonnes techniques pour les cueillir. Pour cela, l’éducateur commence par une noix de coco plantée sur et traversée par un piquet, le tout monté dans un cadre. La noix de coco peut tourner sur le piquet, et c’est ce que l’éducateur va faire à proximité du singe. Cela suffit en général à rendre le singe curieux, et au bout de quelques jours, celui-ci va s’approcher afin de voir ce que l’éducateur est en train de faire. L’éducateur peut alors montrer au singe la boîte, et lui montrer comment faire tourner la noix de coco avec ses mains et ses pieds.

Une fois que le singe maîtrise le mouvement, il est temps de compliquer un  peu les choses, et de se rapprocher des conditions « naturelles ». Cette fois, la noix de coco n’est plus fixée dans une boîte, mais est pendue. Le singe apprend là aussi à faire tourner la noix de coco, jusqu’à ce que la tige/corde qui tient la noix de coco cède sous la torsion.

On commence proche du sol, avant de compliquer peu à peu les choses et d’accrocher la noix de coco à des supports de plus en plus élevés.

On passe maintenant dehors pour la suite de la démonstration, et pendant que Somjai installe son matériel, notre guide nous « démontre » comment « ouvrir » une noix de coco. Ce n’est pas si facile, surtout lorsqu’on n’est pas habitué à le faire !

Les singes ont donc maintenant appris à grimper jusqu’à la noix de coco et à la faire tourner pour la faire tomber. Et ils sont prêts à grimper sur tout et n’importe quoi pour atteindre la noix de coco, y compris les touristes !
eo-282Mais avant de lâcher les singes dans les plantations de cocotier, il faut encore leur apprendre quelques trucs, et en premier lieu, se dépatouiller avec une corde emmêlée ! En effet, un singe, surtout un singe éduqué, coûte cher pour les paysans Thaïs. Du coup, ils les gardent en laisse, afin d’être sûrs de ne pas les perdre. Mais lorsque le singe tourne et grimpe dans les arbres à la recherche de noix de coco, celle-ci risque de s’emmêler ! Et impossible pour le fermier de grimper là-haut aider son singe à s’en sortir. Le singe doit donc apprendre à le faire lui-même. Et j’ai été épatée par leur capacité à analyser les nœuds et les défaire avec une facilité déconcertante !

Ensuite, il faut aussi apprendre au singe à aller chercher la noix de coco lorsque celle-ci tombe dans un lieu peu accessible pour un humain, comme dans l’eau.

Et finalement, c’est bien beau de lui apprendre à récolter des noix de coco, mais encore faut-il qu’il puisse aller de la maison du fermier jusqu’à la plantation, trajet qui se fait souvent en scooter. Il faut que le singe apprenne à ne pas avoir peur et se tenir proprement sur le véhicule, afin de ne mettre personne (humain ou singe) en danger. C’est donc parti pour un tour en bécane !

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Bien sûr, tout travaille mérite récompense, et les singes ont le droit à leurs petites gâteries.

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Et pour finir, il est finalement temps de vérifier que les leçons ont porté leurs fruits, et c’est le moment d’aller chercher des noix de coco directement dans les cocotiers !EO-312

J’ai été vraiment fascinée de voir tout ce dont les singes étaient capables, leur capacité et facilité d’apprentissage. J’ai été agréablement surprise aussi par la relation que les instructeurs avaient avec leurs animaux. Il y avait un véritable respect et amour de leur part envers leurs protégés.

Evidemment, je reste persuadée qu’un singe sera bien mieux en liberté, mais quitte à ce qu’ils soient utilisés, autant qu’ils le soient dans des bonnes conditions et avec respect. J’ai ainsi fortement appréciée la découverte de ce lieu et ce genre d’initiative, qui répond parfaitement aux problématiques locales.

Et depuis, j’ai été aussi parfaitement convertie aux bienfaits de l’huile de coco, et en ai toujours un pot dans ma salle de bain. Peut-être qu’un jour, je vous en parlerai aussi ici (cet article est déjà bien suffisamment long comme cela), mais vous pouvez déjà trouver tout plein d’articles sur le web à ce sujet.

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2 thoughts on “Escale n°2 : L’école des singes

  1. Merci pour cet article très intéressant, j’ai découvert quelque chose que je ne soupçonnais pas. Les singes sont décidément impressionnant de capacités complexes.

  2. Je ne savais absolument pas et pourtant je suis allée deux fois dans la Thaïlande du Sud, ces singes là pouvaient être dressés à cette tâche. C’est assez extraordinaire et en même temps, ça ne m’étonne pas. Comme tu dis, tant mieux si le respect est là. Si les conditionnements sont bonnes.

    Merci d’avoir partagé ça, je suis ravie d’en savoir un peu plus sur le sujet. Bonne journée

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