Lecture : Po-on / F. Sionil José

Histoire de préparer un minimum mon séjour aux Philippines, je me suis mise en quête de littérature philippine, et c’est ainsi que j’ai découvert Po-on, de Francisco Sionil José.

Francisco Sionil José (3/12/1924- ) est donc un écrivain, mais aussi journaliste, essayiste, anthologiste, poète et nouvelliste philippin, né dans le village de Rosales. Il a publié de nombreuses nouvelles et plusieurs romans, le tout traduit dans 24 langues (c’est dire la porté de ses écrits).

Po-on est le premier livre que j’ai jamais lu sur les Philippines, ou encore écrit par un auteur philippin. A vrai dire, avant de commencer ma quête, je ne connaissais absolument rien à la littérature de ce pays, voir du pays tout court. Tout ce que je savais des Philippines, c’est qu’ils se disputent plusieurs îles avec la Chine, et qu’ils ont des plages magnifiques. C’est peu, bien peu. Après avoir lu ce livre, je me suis rendue compte à quel point j’étais ignorante.

Description

Couverture du livre Po-onPo-on ouvre la saga de Rosales, grande fresque romanesque retraçant le destin de deux familles philippines, de la domination espagnole du dix-neuvième siècle à la dictature de Marcos.

« J’ai toujours essayé de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, cette foule des petits d’où je viens », a déclaré l’auteur. Ici, les «petits» sont les habitants d’un village, Po-on, qui, chassés de leurs terres par les Espagnols, jetés sur les routes de l’exil, partent en quête d’une vie nouvelle, humbles héros pris sans l’avoir voulu dans la tourmente de l’Histoire. Francisco Sionil José nous conte le dur combat des Philippins pour l’indépendance, ainsi que la difficulté d’édifier une nation, dans une contrée peuplée d’une trentaine d’ethnies réparties dans sept mille îles…

À travers une épopée qui nous mène des rizières aux sombres forêts tropicales, des montagnes escarpées aux rivages infestés de pirates, l’auteur chante la beauté de son pays et le courage de son peuple face à l’oppression espagnole puis américaine, à la fin du dix-neuvième siècle. Véritable hymne à la conquête de la liberté, Po-on est aussi l’histoire d’un jeune paysan ilokano, Istak, partagé entre son individualisme et son sens du devoir, ne sachant qui servir, de sa famille ou de sa nation – interrogation qui donne au roman sa dimension universelle.

Je souhaiterais commencer ce commentaire par dire que ce livre est magnifiquement écrit (l’auteur écrit en anglais, langue dans laquelle j’ai lu ce roman, je ne m’avancerais donc pas sur la traduction), et qu’à mon avis, l’auteur mérite bien plus de reconnaissance qu’il n’en a actuellement (à moins que je ne sois la seule à ne pas le connaître ?). Ce livre m’a fait me rendre compte d’à quel point notre vision de la littérature peut parfois être étroite.

L’histoire contée ici est aussi captivante. Je ne compte plus le nombre de nuits où je me suis couchée à 2-3h du matin, car je ne pouvais me résoudre à lâcher ce livre (le typique « allez, encore un chapitre puis je me couche », qui se transforme très rapidement en 2, puis 3, puis 4, etc.). L’histoire est à la fois très simple (nous suivons la vie d’un « fermier », Istak, sa fuite face aux persécutions des espagnols, la nouvelle vie qu’il se construit, et la façon dont il est rattrapé par les évènements qui secouent son pays et son peuple), mais aussi très complexe, puisqu’à travers Istak, nous nous retrouvons impliqué intimement dans l’Histoire des Philippines.

Et c’est là tout l’intérêt de ce livre. La découverte. La découverte du terrain, en même temps que la famille Salvador/Samson, lors de leur fuite, mais aussi la découverte du pays et de son histoire, lorsque les évènements et la guerre rattrapent Istak. Je dois admettre que je n’avais jamais vraiment prêté attention aux Philippines, mais j’ai adoré en apprendre plus sur ce pays.

Après avoir lu ce livre et être allée sur place, je me rends compte que j’ai encore beaucoup à apprendre. Continuer à lire la saga de Rosales et retourner là-bas serait un bon début !

5 thoughts on “Lecture : Po-on / F. Sionil José

    • Si tu ne crains pas l’anglais, je peux te le prêter dès que mon amie qui le détiens actuellement me l’aura rendu. Par contre, je ne peux pas prédire quand elle l’aura fini. Mais oui, c’est un livre que je recommande chaudement !

  1. Je ne connais pas (encore) la littérature philippine, mais serait curieuse de la découvrir. Je mets le titre de ce livre de côté pour me l’acheter prochainement. Merci pour cette découverte !

  2. Pingback: Lecture : Le monde des hommes / Pramoedya Ananta Toer | Le Repaire de la Renarde

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